Mémoire Battante
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"Pendant la guerre, la scierie était louée.
Après 14 -18, on prenait l’eau de la Bonne pour faire tourner l’usine, un barrage sur la Bonne permettait à la battante de fonctionner. Après on n’utilise plus la Béalière qui se jetait dans le canal." M. Julien Blanc-Lapierre, maire de Valjouffrey avait aussi une scierie. En 46, on arrêtait le moteur à 18 h 00 pour ne pas faire baisser la tension électrique du réseau communal. La mini-centrale a été construite sur les ruines d’un ancien moulin. Vers 55, EDF venu à Valjouffrey embauchait les employés de la centrale et encourageait la fermeture de la centrale contre des facilités de paiement. En 57, un ingénieur de chez Magnat-Simon* vient pour refaire la turbine. La scie a tourné jusqu’en 56 environ, date de la vente de la scierie à la commune, puis, après 59, jusqu’en 63, 64 la municipalité a essayé de la remettre en route pour du sciage à façon, surtout pour tirer parti des chablis. Un manque de savoir-faire et de coordination entre les utilisateurs et l’entretien du matériel ont conduit cette tentative à un échec. Maintenant, une scie mobile vient à la demande depuis le Trièves pour scier à façon pour des particuliers." |
Le 9 Août 1944, (6 jours avant le débarquement) la maison familiale des ROUSSET a été incendiée par les Allemands par une grenade incendiaire détruisant toutes les archives personnelles liées à l’activité de la scierie ainsi que les meubles fabriqués par Pierre ROUSSET. Il a juste eu le temps de sauver son « Chef-d’Œuvre » de compagnon.
Prévenu de l’arrivée des Allemands et de la menace qui pesait sur sa maison par des personnes venant d’Entraigues, Pierre ROUSSET a demandé que la chapelle qui jouxte sa maison soit protégée. Notons que ce jour-là, l’école de Valbonnais a suivi le même sort ainsi que la maison de la famille Blanc-Lapierre et la fromagerie Gallet d’Entraigues. *l'entreprise Magnat-Simon était située dans l'actuelle rue Benoît-Jay à Pont-de-Claix
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"Avant on vendait 4 à 5 coupes de bois de 100 m3 chacune, maintenant, l’O.N.F. gère la forêt, marque les coupes (martelage du bois), vend le bois. (2 à 3 coupes pour 1000m3 au total environ)
Révolution : avant, tous les 20 ans, maintenant tous les 15 ans. Futaie jardinée : bois de tous âges Futaie régulière : plantée. Les arbres étaient coupés au passe-partout*. L’hiver, on faisait glisser le bois sur des « rises* » gelées. (on risait le bois) |
*passe-partout : (longue lame de scie des bûcherons, avec une poignée à chaque extrémité.)
*rises : lieux pour faire glisser les grumes : couloirs naturels ou artificiels, renforcés éventuellement avec des troncs disposés en long que l’on pouvait arroser pour améliorer la glisse. |